Conakry, Capitale Mondiale du Livre 2017

L’ambition des autorités politiques est de faire de la Guinée un pays émergent d’ici 15 à 25 ans, stratégie déclinée dans une Vision « Guinée 2035 » qui rassemble les différentes composantes de la société guinéenne et qui s’appuie sur sa principale force, sa jeunesse (43% de la population guinéenne a moins de 15 ans (source Jeune Afrique).

En Guinée, comme dans de nombreux pays en développement, les livres et autre supports imprimés demeurent encore une denrée rare et l’école reste le seul endroit où les enfants entrent en contact avec les matériels de lecture. Le manuel scolaire constitue de fait le principal véhicule des savoirs dans la société.

L’industrie du livre est encore très modeste et on n’y compte qu’une vingtaine d’éditeurs avec une parution d’environ cinquante titres par an. Malgré une politique de lecture publique volontariste affichée par le Ministère de la Culture, de nombreuses contraintes entravent le rôle de médiation des bibliothèques guinéennes, entre le lecteur et le livre, entre le citoyen et l’espace public.

Le faible recours au livre et la sous-utilisation de la lecture publique en Guinée conduisant à un affaiblissement des capacités locales et pénalisant le développement du pays.

Pourtant l’éducation et la lecture-plaisir sont les moteurs du changement et du progrès social et cela ne peut être réalisé sans la diffusion et l’utilisation du livre au bénéfice du plus grand nombre. Le livre contribue à lutter contre l’analphabétisme ; la lecture est une activité ludique et agréable ; lire c’est se convaincre que rien n’oblige le monde à être tel qu’il est, les choses peuvent être différentes ; Un bibliothécaire qui aime les livres, en lit et aime qu’on en lise. Un livre est aussi son contenu ; les livres sont notre façon de communiquer avec les mots.

Les bibliothèques sont une affaire de liberté; liberté de lire, liberté d’idées, liberté de communication ; c’est aussi une affaire de distraction, d’éducation, de création d’espaces protégés et d’accès à l’information. Livre papier, audio, numérique : les bibliothèques donnent aux populations l’accès aux contenus, parfois sans que cela coûte ou grève

le budget des familles à très faibles revenus. Une bibliothèque est un entrepôt d’informations et un lieu qui fournit à tous les citoyens une égalité d’accès à ces

informations ; c’est un espace communautaire, un abri, un refuge face au monde. L’importance des livres pour la qualité de l’éducation comme pour le niveau d’instruction en général des populations est évidente. Malgré la forte implication de toutes les parties prenantes dans la promotion du livre (auteurs, industrie du livre, institutions nationales et internationales), il reste encore beaucoup à faire pour atteindre l’objectif d’une politique du livre et de la lecture publique forte s’adressant avec efficacité au plus grand nombre et qui s’appuie sur une filière du livre dynamique. De nombreux obstacles existent qui sont de différentes natures :

- Un taux d’alphabétisation encore bien trop faible 39,5% (PNUD)

- Un Indice de développement humain insuffisant 0,344 classant la Guinée au 178ième rang (PNUD 2011)

- La maigreur du réseau de bibliothèques et médiathèques

- Trop peu de livres, de bibliothèques, d’animateurs formés et de bibliothécaires dans les écoles

- Une industrie du livre qui peine à s’organiser en filière performante

- Un marché du livre pénalisé par le revenu moyen très faible des ménages

- Une offre de livres insuffisante face à l’appétit des jeunes pour la lecture

 

La candidature de la ville de Conakry pour la Capitale Mondiale du Livre s’inscrit dans le cadre des efforts et des actions pour surmonter les obstacles qui viennent d’être cités. En cas de sélection de la ville de Conakry, l’impact et les avantages pour la promotion du livre et de la lecture en Guinée seraient nombreux :

- Renforcement de la mobilisation autour du livre répondant aux attentes de la population; Rares sont les

pays où existe un tel engouement des parents et des enfants pour la lecture et des élèves pour aller à l’école

- Renforcement de la culture du livre notamment dans les écoles, au niveau des institutions, et du grand

public

- Amélioration des infrastructures et de l’accès au livre

- Présentation de la production écrite nationale et internationale

- Animations et incitations à la lecture tout au long de l’année notamment au niveau de la jeunesse

- Soutien à l’industrie du livre en Guinée

- Soutien aux efforts de l’alphabétisation et au recul de l’illettrisme

- Visibilité internationale de la ville de Conakry et de la Guinée

Sur le plan culturel, la Guinée compte de nombreux auteurs et écrivains qui contribuent au rayonnement du livre à travers une production riche et variée :

Auteurs de renom et de talent comme Djibril Tamsir Niane, Alioune Fantouré, William SASSINE, Pr Lanciné KABA, Lamine Kapi CAMARA, Ahmed Tidiane CISSE, Zenab Koumanthio DIALLO, Binta HANN et tant d’autres.

Des distinctions internationales ont reconnu la qualité des oeuvres des auteurs guinéens : Le prix Renaudot 2008 a été décerné à l’écrivain Guinéen Tierno MONENEMBO pour son roman « Le Roi de Kahel », CAMARA Laye a reçu en 1954 le prix Charles Veillon pour son roman « L’Enfant Noir » ; Tous ces auteurs ont des liens forts avec la ville de Conakry, capitale du pays, où ils ont vécu ou vivent ou exercent des activités ponctuelles ou permanentes ou simplement gardent des liens familiaux et affectifs.

Sur le plan documentaire, la Bibliothèque Nationale de Guinée conserve quelques documents écrits rares et précieux. Le « Fonds Esclavagisme » est un ensemble de documents sur la période de l’esclavage uniques au monde qui sont conservés à Conakry.